Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 22:31

Pour le 17 mai : apporter l'Avare de Molière (édition indifférente)


Pour le 2 ou 3 juin (selon les classes )  : Lire L'Ecume des jours de Boris Vian, apporter les Orientales de Victor Hugo

Par Mv Alves - Publié dans : FRANCAIS QUATRIEME - Communauté : Notre Dame Providence
Voir les 0 commentaires
Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 22:30

Savinien de Cyrano de Bergerac, qui a inspiré à Edmond Rostand le personnage de Cyrano de Bergerac, a bien existé, et a vécu de 1619 à 1655.

Le vrai Cyrano n’était pas d’origine gasconne. Il est né à Paris dans une famille bourgeoise et habita pendant son enfance dans la vallée de Chevreuse. Là, il vécut dans une atmosphère campagnarde. Il retourna à Paris à l’âge de dix ans, pour entrer au collège de Beauvais, dont il se moque dans la comédie Le Pédant joué.

Jeune homme, il mena une vie agitée, fréquentant les cabarets parisiens. Son nez était réellement disproportionné, et il savait en rire.

À l’âge de vingt ans, il s’engagea comme mousquetaire dans la compagnie de Casteljaloux (la compagnie du Cyrano de la pièce de Rostand). Il fit preuve de vaillance et son courage devint légendaire. Mais cette carrière militaire prometteuse fut écourtée par des blessures successives en 1639 et 1640. Il regagna Paris en 1641. À partir de 1645, il se lança dans la littérature mais ne parvint pas à en vivre. À la recherche d’un protecteur, il entra au service du duc d’Arpajon en 1652.

L’écriture de Cyrano est burlesque, il pratique un humour décapant, notamment dans ses Lettres (1654). Il adopte les idées du mouvement libertin, qui considère que le monde n’est que matière et prône l’athéisme. Les libertins remettent également en cause la société telle qu’elle est organisée et rêvent d’un monde libre et juste, où la notion de plaisir a une place importante. Mais en remettant en cause la religion et donc le pouvoir royal, les libertins courent des risques.

Ainsi, la tragédie de Cyrano, La Mort d’Agrippine, en 1653, fit scandale par son athéisme et fut vite interdite. Ses deux romans d’anticipation, les États et empires de la Lune et les États et empires du Soleil, ne purent être publiés de son vivant. Ces romans racontent les aventures d’un voyageur débarqué sur la Lune puis sur le Soleil. Ce voyageur rencontre les habitants de la Lune et du

Soleil, ce qui permet à Cyrano de relativiser les moeurs des Terriens et de se moquer des conventions.

Ses idées libertines et son athéisme attirèrent beaucoup d’ennemis à Cyrano, et outre ses difficultés pour être publié, il fut victime en 1654 d’un accident qui ressemblait à un attentat :

il reçut une poutre sur la tête en passant sous un échafaudage – Edmond Rostand reprend cet événement dans la fin de Cyrano. Il mourut l’année suivante des suites de cette blessure.

Par Mv Alves - Publié dans : FRANCAIS PREMIERE - Communauté : Notre Dame Providence
Voir les 0 commentaires
Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 22:28

Le Libertinage et les libertins


Le libertinage, réduit par l’Eglise à l’image caricaturale d’une débauche sans frein, est un courant d’idée important qui innerve tout le siècle. Sous Henri IV et Louis XIII, on a affaire à un "libertinage flamboyant" (René Pintard) qui dans le sillage de quelques Grands revendique un certain affranchissement des mœurs et est friand d’une littérature gaillarde et satirique (Théophile de Viau). Ce courant survit jusqu’à la Fronde mais est peu à peu remplacé par un mouvement à visée philosophique (Pierre Gassendi, La Mothe Le Vayer, Gabriel Naudé). Ses membres se recrutent surtout dans une bourgeoisie élitiste et gallicane, hostile au pape et aux jésuites. Ils fréquentent le Collège de France, l’Académie des Sciences et certains salons (Madame de La Sablière, Ninon de Lenclos).

Le libertinage revendique une liberté de pensée, un goût de la réflexion indépendante, un mépris du fanatisme et de tout esprit de système. Héritiers des humanistes, les libertins pensent qu’on peut expliquer le monde par la raison et faire ainsi l’économie de la religion. De leur rationalisme empirique va naître la pensée scientifique moderne.

Leur volonté de profiter de la vie et rechercher les plaisirs, même dans la modération, les font passer pour des dépravés. Ils sont ainsi en butte à une répression séculière particulièrement vive. Théophile de Viau mourra après son procès de 1623 et cinq écrivains libertins seront effectivement exécutés pour leurs écrits entre 1610 et 1698. C’est pourquoi ils développent une technique pour échapper à l’opprobre. Leurs livres sont conformistes en apparence, mais un travail sur le texte leur permet de diffuser leurs idées : sous-entendus, allusions, ironie, double-sens, etc. Cela laisse des marques dans la littérature, sur le plan formel mais aussi thématique : individualisme, esprit critique, mépris des opinions vulgaires. Ils développent également des genres dits mineurs : burlesque contestant la littérature traditionnelle (Charles Sorel), évocations narratives de mondes anciens ou lointains (Denis Veiras, Fontenelle), fictions philosophiques. Cyrano de Bergerac est sans conteste le grand représentant littéraire de ce courant d’opinion au XVIIe siècle.

Quelques auteurs importants :
Les Philosophes : La Mothe Le Vayer,  Gabriel Naudé, Pierre Gassendi
Les Littéraires : Cyrano de Bergerac, Denis Veiras, Fontenelle, Charles Sorel, Saint-Amant, Théophile de Viau, Guillaume Colletet, Saint-Evremont.

 

Cyrano de Bergerac, L’Autre Monde, ou les Etats et Empires de la lune et du soleil

Éd. posthume, 1657

Passage A : Au début du récit, le narrateur imagine le moyen de s’élever dans les airs :

Je m’étais attaché autour de moi quantité de fioles pleines de rosée, et la chaleur du soleil qui les attirait m’éleva si haut, qu’à la fin je me trouvai au-dessus des plus hautes nuées.  Mais comme cette attraction me faisait monter avec trop de rapidité, et qu'au lieu de m'approcher de la lune, comme je prétendais, elle me paraissait plus éloignée qu'à mon partement, je cassai plusieurs de mes fioles, jusqu'à ce que je sentis que ma pesanteur surmontait l'attraction, et que je redescendais vers la terre.

Mon opinion ne fut point fausse, car j'y tombai quelque temps après, et à compter de l'heure que j'en étais parti, il devait être minuit.

Passage B : Le narrateur sest retrouvé en Nouvelle France (lactuel Canada). Cet échec ne le décourage pas, et il fait une nouvelle tentative pour atteindre la lune dans un engin volant :

J'avais fait une machine que je m'imaginais capable de m'élever autant que je voudrais en sorte que rien de tout ce que j'y croyais nécessaire n'y manquant, je m'assis dedans et me précipitai en l'air du haut d'une roche. Mais parce que je n'avais pas bien pris mes mesures, je culbutai rudement dans la vallée.

Tout froissé néanmoins que j'étais, je m'en retournai dans ma chambre sans perdre courage, et je pris de la moelle de boeuf, dont je m'oignis tout le corps, car j'étais meurtri depuis la tête jusqu'aux pieds et après m'être fortifié le coeur d'une bouteille d'essence cordiale, je m'en retournai chercher ma machine. Mais je ne la trouvai point, car certains soldats, qu'on avait envoyés dans la forêt couper du bois pour faire le feu de la Saint-Jean, l'ayant rencontrée par hasard, l'avaient apportée au fort, où après plusieurs explications de ce que ce pouvait être, quand on eut découvert l'invention du ressort, quelques-uns dirent qu'il fallait attacher autour quantité de fusées volantes, pour ce que, leur rapidité l’ayant enlevée bien haut, et le ressort agitant ses grandes ailes, il n'y aurait personne qui ne prît cette machine pour dragon de feu.

Je la cherchai longtemps cependant, mais enfin je la trouvai au milieu de la place de Québec, comme on y mettait le feu. La douleur de rencontrer l’œuvre de mes mains en un si grand péril me transporta tellement, que je courus saisir le bras du soldat qui y allumait le feu. Je lui arrachai sa mèche, et me jetai tout furieux dans ma machine pour briser l'artifice dont elle était environnée ; mais j'arrivai trop tard, car à peine y eus-je les deux pieds que me voilà enlevé dans la nue.

L'horreur dont je fus consterné ne renversa point tellement les facultés de mon âme, que je ne me sois souvenu depuis de tout ce qui m'arriva en cet instant. Car dès que la flamme eut dévoré un rang de fusées, qu'on avait disposées six à six, par le moyen d'une amorce qui bordait chaque demi-douzaine, un autre étage s'embrasait, puis un autre ; en sorte que le salpêtre prenant feu, éloignait le péril en le croissant. La matière toutefois étant usée fit que l'artifice manqua ; et lorsque je ne songeais plus qu'à laisser ma tête sur celle de quelque montagne, je sentis (sans que je remuasse aucunement) mon élévation continuer, et ma machine prenant congé de moi, je la vis retomber vers la terre.

Passage C : Abandonné par sa machine, le narrateur devrait normalement retomber au sol… Heureusement, un nouveau phénomène va le préserver dune fin tragique :

Cette aventure extraordinaire me gonfla le cœur d'une joie si peu commune, que ravi de me voir délivré d'un danger assuré, j'eus l'imprudence de philosopher là-dessus. Comme donc je cherchais des yeux et de la pensée ce qui en pouvait être la cause, j'aperçus ma chair boursouflée, et grasse encore de la moelle dont je m'étais enduit pour les meurtrissures de mon trébuchement ; je connus qu'étant alors en décours, et la lune pendant ce quartier ayant accoutumé de sucer la moelle des animaux, elle buvait celle dont je m'étais enduit avec d'autant plus de force que son globe était plus proche de moi, et que l'interposition des nuées n'en affaiblissait point la vigueur.

Passage D : Parvenu sur la lune, le narrateur découvre le paradis terrestre, et y rencontre des personnages de la Bible. Avant de lui raconter sa propre histoire, le prophète Elie lui raconte  celle des premiers voyageurs qui ont atteint la lune. Cest, pour commencer, laventure du sage Enoch. Cest en faisant des holocaustes, sacrifices danimaux brûlés en offrande à Dieu, que lidée lui est venue du moyen de s’élever dans les airs pour atteindre la lune :

Toutefois, comment aller [dans la lune] ? L'échelle de Jacob n'était pas encore inventée ! La grâce du Très-Haut y suppléa, car elle fit qu'Enoch s'avisa que le feu du ciel descendait sur les holocaustes des justes et de ceux qui étaient agréables devant la face du Seigneur, selon la parole de sa bouche : « L'odeur des sacrifices du juste est montée jusqu'à moi. »

Un jour que cette flamme divine était acharnée à consumer une victime qu'il offrait à l'Éternel, de la vapeur qui s'exhalait il remplit deux grands vases qu'il luta hermétiquement, et se les attacha sous les aisselles. La fumée aussitôt qui tendait à s'élever droit à Dieu, et qui ne pouvait que par miracle pénétrer le métal, poussa les vases en haut, et de la sorte enlevèrent avec eux ce saint homme.

Par Mv Alves - Publié dans : FRANCAIS PREMIERE - Communauté : Notre Dame Providence
Voir les 0 commentaires
Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 22:22

La préciosité, caractère de la vie mondaine du XVIIe siècle 

    L'action de la pièce, Cyrano de Bergerac, se déroule  entre les années 1605 et 1655.  Pour bien comprendre le sens des répliques des personnages, comme celles de Lignière lorsqu'il mentionne à Christian que Roxane est précieuse (Acte 1, scène II), il faut d'abord savoir ce qu'est la préciosité en ce XVIIe siècle. 

DÉFINITION DE LA PRÉCIOSITÉ: la recherche de la distinction sous toutes ses formes

                  LA DISTINCTION dans les manières, dans les sentiments, celle de l'esprit.

dans LES MANIÈRES

LE COSTUME:

élégance dans l'ajustement : gants, plumes, parfums, dentelles, tout doit être de la bonne marque ou du bon faiseur.  Bientôt on exagérera, on aura tendance à se singulariser;  les costumes deviendront extravagants (Revoyez les répliques  qui précèdent le duel en vers dans Cyrano. (Acte I, scène IV)

L'HONNÊTETÉ:

Il faut savoir se tenir et se faire estimer dans le monde.

N'ignorer aucune des règles de politesse, être un causeur spirituel  et instruit sans pédanterie, être un honnête homme.

 

 

dans LES SENTIMENTS

 

On exigeait la délicatesse de cœur.

Pour l'homme, constance inébranlable, soumission absolue à sa maîtresse, comme dans les romans d'amour.

Pour la femme, pudeur, courroux, longue résistance, c'est le code de la galanterie.

 

 

de L'ESPRIT

 

 

Il faut savoir se montrer spirituel.

Les prétentions littéraires: On aime les discussions littéraires où il est aisé de faire valoir son esprit.  On a le souci d'être au courant des dernières productions et il est bien vu de faire valoir les siennes.

LE LANGAGE :

Il faut avoir un style exempt de toute vulgarité.  Les précieux ont inventé l'expression "châtier son style".  À l'origine, c'était chez eux le désir de se  distinguer de la cour gasconne par la pureté de leur diction.  Ils en arrivèrent facilement à l'affectation.

les expressions exagérées: furieusement, épouvantablement;  je suis si surprise que les bras m'en tombent;

les périphrases: la chandelle:  le supplément du ciel;  joues:  les trônes de la pudeur;  la lune:  le flambeau du silence...

le recours à des métaphores prolongées dans des lettres, des tirades...

 

De Maulevrier

 

 

La Carte du Royaume des Précieuses
(Recueil de Sercy : prose, 1658)

 

On s'embarque sur la Rivière de Confidence pour arriver au Port de Chuchoter. De là on passe par Adorable, par Divine, et par Ma Chère, qui sont trois villes sur le grand chemin de Façonnerie qui est la capitale du Royaume. A une lieue de cette ville est un château bien fortifié qu'on appelle Galanterie. Ce Château est très noble, ayant pour dépendances plusieurs fiefs, comme Feux cachés, Sentiments tendres et passionnés et Amitiés amoureuses. Il y a auprès deux grandes plaines de Coquetterie, qui sont toutes couvertes d'un côté par les Montagnes de Minauderie et de l'autre par celles de Pruderie. Derrière tout cela est le lac d'Abandon, qui est l'extrémité du Royaume.

 

 

Par Mv Alves - Publié dans : FRANCAIS PREMIERE - Communauté : Notre Dame Providence
Voir les 0 commentaires
Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 22:20

 LE THÉÂTRE DANS LE THÉÂTRE dans Cyrano de Bergerac 

 

Au théâtre, la mise en abyme peut fonctionner ainsi : à l’intérieur de la pièce de théâtre (A) est jouée une autre pièce de théâtre (a), une sorte de fragment miniature qui fonctionne comme un miroir :

c’est le théâtre dans le théâtre

Dans l’acte I de la  pièce qui nous intéresse, c’est un phénomène évident : Rostand a enchâssé dans Cyrano de Bergerac une scène de La Clorise de Baro. L’effet est frappant : le spectateur qui vient assister à une représentation de Cyrano voit le rideau se lever sur… d’autres spectateurs attendant dans l’Hôtel de Bourgogne le début d’une autre pièce !

 Coup de génie de Rostand, ces autres spectateurs, qui attendaient avec impatience Montfleury, vont d’ailleurs eux-mêmes être redirigés vers un autre spectacle, celui de Cyrano.

 

Un Cyrano dont l’entrée en scène est habilement ménagée puisqu’elle se fait en deux temps. On n’entend d’abord que sa voix, puis les didascalies nous donnent les indications suivantes :

Cyrano, surgissant du parterre, debout sur une chaise, les bras croisés, le feutre en bataille, la moustache hérissée, le nez terrible.

Ah ! Je vais me fâcher ! …

 Cyrano se met littéralement en scène, en montant sur cette chaise, et il signifie à tous que le spectacle, c’est lui.

> Allons plus loin : cette même scène de l’acte I, scène 3 est reprise en écho et en miniature un peu plus loin dans la pièce : l’acte II, scène 9 apparaît comme une réplique de la confrontation entre Cyrano et Montfleury ; les cadets forment le public (un public acquis) et Cyrano qui devrait être l’acteur principal entame son récit du combat à la Porte de Nesles, tel Montfleury attaquant les premiers vers de La Clorise devant le public de l’Hôtel de Bourgogne…

 Mais Cyrano se fait souffler la vedette par celui qui l’interrompt avec esprit, Christian. La mise en abyme est plus subtile, mais elle reste délicieuse : Cyrano avait les tirades du nez, Christian sait aussi faire de l’esprit. Notons d’ailleurs au passage que lui aussi a pour accessoire une chaise dans les indications scéniques de Rostand, accessoire que n’a pas gardé Jean-Paul Rappeneau dans son Cyrano.

 

Par Mv Alves - Publié dans : FRANCAIS PREMIERE - Communauté : Notre Dame Providence
Voir les 0 commentaires

Cours de français

  • : Le blog de Mv Alves
  • : Cet espace est à la disposition de mes élèves et de leurs parents. C'est un support de travail qui rappelle les notions abordées en cours de français et le travail à faire. Aucun commentaire ne pourra être déposé mais vous pouvez m'écrire à l'adresse suivante : mvalveslettres@voila.fr. A bientôt.
  • Le blog de Mv Alves
  • : cours 4ème 1ère Littérature
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Consultation des cours

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés