1ère S3 : La peinture réaliste - Gustave Courbet

Publié le par Mv Alves

Support : Un enterrement à Ornans, G. Courbet. 1885

                

Objectifs :

- Analyser l’image

- Montrer le réalisme en peinture.

 

1/ On reprocha d’abord à Courbet son sujet, perçu comme « une faute de goût » : pourquoi, selon vous ? Observez en particulier le premier plan.

2/ Pourquoi la grande taille de cette toile (6,68 m sur 3,15m) a-t-elle pu choquer ?

3/ Relevez les signes des différentes classes sociales qui se côtoient : perçoit-on une hiérarchie entre elles ? Dans quelle mesure la peinture de Courbet peut-elle être perçue comme un acte politique et social ?

 

1/

Le sujet choisi par Courbet apparaît comme « une faute de goût » pour deux raisons principales. Tout d’abord, le thème de l’enterrement n’est pas fréquent en peinture ; cela relève d’une réalité noire et crue que l’on préfère habituellement cacher. (Si ce thème est cependant traité, il s’agit des funérailles d’un grand personnage).

La communauté d’un village est rassemblée autour d’une fosse pour enterrer l’un des siens. Seule une petite fraction du ciel est visible : la dimension spirituelle de l’évènement paraît donc reléguer au second plan, comme en témoignent au premier plan, la fosse et le crâne. Ce détail macabre montre le sort concret qui attend le corps. La présence du chien accentue encore le caractère  trivial de cette scène.

> C’est pour toutes ces raisons que l’on a dénoncé la « vulgarité » de cet enterrement paysan.

 

2/

            Avec cette toile, Courbet a donné une dimension noble et monumentale à un fait quotidien  de la vie paysanne. Il choisit, pour représenter cette scène, une taille gigantesque, habituellement réservée aux genres nobles comme la peinture religieuse, historique ou mythologique, Champfleury, grand défenseur de Courbet, se fait l’écho de cette polémique : «  la noblesse se gendarme de ce qu’il ait accordé tant de mètres de toile à des gens du peuple. »

La plupart des œuvres que le peintre a présentées ont déclenché des scandales. Courbet construisit alors son propre pavillon pour y exposer ses toiles et  il fut dès lors considéré comme le chef de file du réalisme en peinture, ainsi nommé par des détracteurs : «  le chef de file du l’école du laid »

( Plus tard, en 1866, Courbet alimentera encore la polémique avec la peinture en plan rapproché d’un sexe de femme, nommée subversivement l’Origine du monde, ce qui apparut comme une provocation esthétique, morale et anticléricale.)

 

3/

            Courbet a peint sur cette toile des représentants de toute la communauté d’Ornans, son village natal. Les quarante-six personnages de la scène ont presque tous été identifiés : ce sont les membres du village eux-mêmes qui ont posé pour Courbet > accentue le réalisme de la toile.

 

De droite à gauche : employés en uniforme chargés du cercueil, le prêtre et ses enfants de chœur, sacristains à l’habit rouge, les notables d’Ornans puis le groupe des femmes en pleurs. Au 1er plan : paysan agenouillé. Courbet refuse que l’art ne représente qu’une élite sociale ; il faut peindre la réalité, c’est-à-dire les paysans, les ouvriers, les bourgeois, montrés dans leur environnement quotidien. Par ailleurs, on ne perçoit aucune hiérarchie entre les différentes classes représentées : chacune est mise sur le même plan, noyée dans la teinte blafarde qui émane du ciel gris. L’artiste a pu dire à ce sujet que sa peinture visait à introduire « la démocratie  dans l’art ».

 

L’esthétique réaliste est décriée parce qu’elle ose introduire dans l’art des classes sociales « basses ».

 

Publié dans FRANCAIS PREMIERE

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