Vendredi 4 décembre 5 04 /12 /Déc 22:30

Lisez le texte suivant, puis répondez aux questions.

 

Le roman Les Faux~Monnayeurs commence au moment où Bernard Profitendieu, âgé de dix-sept ans, découvre qu'il est un enfant naturel et que le juge Profitendieu n’est pas son père. Il décide alors de quitter le domicile familial, en laissant la lettre suivante

  

 

 

Monsieur,

J'ai compris, à la suite de certaine découverte que j'ai faite par hasard cet après-midi, que je dois cesser de vous considérer comme mon père, et c'est pour moi un immense soulagement. En me sentant si peu d'amour pour vous, j'ai longtemps cru que j'étais un fils dénaturé ; je préfère savoir que je ne suis pas votre fils du tout. Peut-être estimez-vous que je vous dois la reconnaissance pour avoir été traité par vous comme un de vos enfants ; mais d'abord j'ai toujours senti entre eux et moi votre différence d'égards, et puis tout ce que vous en avez fait, je vous connais assez pour savoir que c'était par horreur du scandale, pour cacher une situation qui ne vous faisait pas beaucoup honneur - et enfin parce que vous ne pouviez faire autrement. Je préfère partir sans revoir ma mère, parce que je craindrais, en lui faisant mes adieux définitifs, de m'attendrir et aussi parce que devant moi, elle pourrait se sentir dans une fausse situation - ce qui me serait désagréable. Je doute que son affection pour moi soit bien vive ; comme j'étais le plus souvent en pension, elle n'a guère eu le temps de me connaître, et comme ma vue lui rappelait sans cesse quelque chose de sa vie qu'elle aurait voulu effacer, je pense qu'elle me verra partir avec soulagement et plaisir. Dites-lui, si vous en avez le courage, que je ne lui en veux pas de m'avoir fait bâtard ; qu'au contraire, je préfère ça à savoir que je suis né de vous. (Excusez-moi de parler ainsi ; mon intention n'est pas de vous écrire des insultes ; mais ce que j'en dis va vous permettre de me mépriser, et cela vous soulagera.)

            “ Si vous désirez que je garde le silence sur les secrètes raisons qui m'ont fait quitter votre foyer, je vous prie de ne point chercher à m'y faire revenir. La décision que je prends de vous quitter est irrévocable. Je ne sais ce qu'a pu vous coûter mon entretien jusqu'à ce jour ; je pouvais accepter de vivre à vos dépens tant que j'étais dans l'ignorance, mais il va sans dire que je préfère ne rien recevoir de vous à l'avenir. L’idée de vous devoir quoi que ce soit m'est intolérable et je crois que, si c'était à recommencer, je préférerais mourir de faim plutôt que de m'asseoir à votre table. Heureusement il me semble me souvenir d'avoir entendu dire que ma mère, quand elle vous a épousé, était plus riche que vous. Je suis donc libre de penser que je n'ai vécu qu’à sa charge. Je la remercie, la tiens quitte de tout le reste, et lui demande de m'oublier. Vous trouverez bien un moyen d'expliquer mon départ auprès de ceux qui pourraient s'en étonner. Je vous permets de me charger (mais je sais bien que vous n'attendrez pas ma permission pour le faire).

Je signe du ridicule nom qu’est le vôtre, que je voudrais pouvoir vous rendre, et qu'il me tarde de déshonorer.

Bernard Profitendieu.

 

André Gide, Les Faux~Monnayeurs (1925)

P-S. :  Je laisse chez vous toutes mes affaires qui pourront servir à Caloub plus légitimement, je l'espère pour vous.

un enfant naturel : enfant né hors mariage, illégitime.

 

 

CORRIGE DU DS DU 24 OCTOBRE 2009

 

La situation d’énonciation :

L’auteur de ce texte est André Gide. Il est extrait du roman « Les Faux monnayeurs »

L’émetteur de cette lettre est Bernard Profitendieu. Il s’exprime à la première personne du singulier « je » « moi » « mon père » et de plus il signe la lettre.

Le destinataire de cette lettre est le juge Profitendieu. On peut relever les indices de sa présence suivants : « Monsieur », « mon père », « vous » « vos enfants

L’émetteur et le destinataire n’ont pas de liens de sang. L’émetteur est un enfant naturel à qui on a fait croire jusqu’à ce jour qu’il était le fils du juge.

On peut deviner que la lettre est écrite dans la maison familiale avant le départ du destinataire (voir le PS) en fin d’après midi puisque l’émetteur fait référence à l’après midi (l 1)

 

Les caractéristiques de la lettre :

Ce texte est une lettre comme le montre la formule d’adresse (Monsieur), la signature (Bernard Profitendieu), la formule de politesse (je signe du nom…) et le post-scriptum.

 a) La formule d’appel dans le texte est Monsieur.

      b) Je n’aurai pas utilisé la même formule.

      c) J’aurai utilisé « Mon cher papa », « Mon père », « mon papa chéri »…

8. Il s’agit d’une lettre privée car c’est un jeune homme qui s’adresse à celui qu’il pensait être son père et il évoque un problème personnel.

9.  a) Le temps verbal dominant est le présent de l’indicatif : «je dois, je suis, je connais, je préfère)

     b) La valeur principale de ce temps est le présent d’énonciation.

 

Le thème de la lettre :

 La lettre évoque la découverte par un fils qu’il est un enfant naturel et que celui qu’il pensait être son père n’est pas son père biologique.

 L’information est présente aux lignes :

 L’explication est présente aux lignes :

 L’attaque personnelle est présente aux lignes :

 Les suggestions sont présentes aux lignes :

 Cette lettre est destinée à informer le lecteur que Bernard n’est pas le fils du juge et de sa rupture avec sa famille. C’est aussi un règlement de compte de Bernard envers son beau-père. Enfin elle explique les sentiments qu’a ressenti Bernard durant toute son enfance.

 

Précisez la valeur du présent dans chaque phrase. (4 points)

 

1. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. (La Fontaine)

2. L’inconnu porte un large imperméable et un chapeau mou.

3. Tous les jours, après le goûter, ils révisent ensemble leurs leçons.

4. Quand tu m parles sur ce ton, tu me mets en colère !

5. La Lune est distante de la Terre de 350 000 kilomètres.

6. Auguste et madame de Nucingen atteignirent le château. Ils se retournèrent. Madame Jules arrive vêtue de blanc. (Balzac)

7. Nous venons de renoncer à la dernière course.

8. L’été prochain, nous visitons la Grèce.

 

Conjuguez les verbes entre parenthèses au présent de l’indicatif. (4 points)

 

Monsieur Orgon : Eh bonjour, ma fille. La nouvelle que je viens    d’annoncer te fera-t-elle plaisir ? Ton prétendant est arrivé aujourd’hui, son père me l’     apprend    par cette lettre-ci ; tu ne me      réponds       

                    rien, tu me         parais      triste ? Lisette de son côté   baisse       les yeux, qu’est-ce que cela     signifie   ? Parle donc toi, de quoi        s'agit-il ? Tu    peux            m’expliquer
Par Mv Alves - Publié dans : FRANCAIS QUATRIEME - Communauté : Notre Dame Providence
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